A quoi devrait ressembler une assemblée chrétienne ?
La Bible ne présente pas de modèle précis d'assemblée. Pourtant je suis certain que l'église locale telle que Christ la désire ne ressemble en rien à nos organisations religieuses actuelles. Voici ce que j'ai découvert à ce sujet.

Une assemblée chrétienne non-religieuse ?
Lorsque vous vous assemblez… (1 Corinthiens 14:26)
Lorsque j’ai quitté définitivement les organisations religieuses en 2022 pour suivre Christ “hors du camp”, après 45 ans comme participant intensif et comme leader, je savais une seule chose : ce n’est pas ce que Christ désire pour son Église. Nos modèles d’institutions actuelles, qu’elles soient catholiques, protestantes, évangéliques ou autres, ont été fabriquées par des hommes pour des hommes. Il s’agit d’une dérive. Une contrefaçon héritée (et parfois modernisée) de rituels et de traditions censés “contenir” Dieu dans un système humain.
Mais cette conviction s’est accompagnée chez moi d’une certaine tristesse et d’une profonde remise en question. Ce modèle dans lequel j’ai baigné était mon seul repère, après tout. Peut-être que Jésus se contente d’un modèle imparfait ? Bien que la forme semble différente d’une organisation religieuse à une autre, j’ai rencontré de belles personnes dans mon parcours, de celles qui sont attachées à Jésus sincèrement. De plus, je n’ai jusqu’à aujourd’hui pas trouvé d’alternative satisfaisante. Même au sein du mouvement des “églises de maisons” les habitudes religieuses semblent avoir la vie dure.
Je tiens donc à être franc : je ne suis pas en mesure d’apporter une réponse à un modèle d’église non-religieuse, mais simplement d’exposer le fruit de mon questionnement. En revanche, je tiens à vous dire que j’ai lu ma Bible et interrogé le Seigneur sur ce que Lui désire pour son Église. Et depuis que cette question tourne et retourne dans mes prières, que j’écoute et que je lis des personnes qui se posent les mêmes questions, j’en suis arrivé à discerner un fil rouge biblique, relationnel et spirituel. Et voici l’état de mes découvertes à aujourd’hui.
Un repas de famille plutôt qu’un one-man-show
Un de ceux qui étaient à table, après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus : Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! (Luc 14:15)
Commençons par le Christ lui-même, notre modèle. La forme d’assemblée la plus courante entre Jésus, ses disciples et les gens dans les évangiles, était le repas. C’était une occasion simple d’être ensemble, de se poser et de discuter de la vie chrétienne dans un cadre quotidien. Même le moment le plus solennel qui précéda la Croix était le repas de la Pâque, lors duquel Jésus dispensa ses plus merveilleux enseignements et prononça ses prières les plus inspirantes.
On voit aussi clairement que les premières assemblées de chrétiens, dans le livre des Actes notamment, se déroulaient dans les maisons et qu’on y partageait le repas. D’ailleurs si nous parlons du “repas du Seigneur”, celui-ci n’a de nos jours plus grand-chose à voir avec un repas, que nous l’appelions “Sainte Cène” ou “Eucharistie”.
Jésus répondit : Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? Puis, étendant la main sur ses disciples, il dit : Voici ma mère et mes frères. (Matthieu 12:48-49)
Nous n’avons pas de problème pour parler de Dieu comme notre Père et des autres chrétiens comme nos frères et sœurs. Et nous faisons bien, car l’église du Nouveau Testament nous est présentée comme une réalité relationnelle et familiale. L’église ne faisait pas de publicité pour recruter des clients, elle grandissait par les relations et par le témoignage.
La meilleure impression que devrait nous laisser une assemblée chrétienne est proche d’un repas de famille.
De ceci, j’en tire une conclusion : la meilleure impression que devrait nous laisser une assemblée chrétienne serait plus proche d’un repas de famille, simple et joyeux que d’un one-man-show divertissant. En effet, aucune famille n’est parfaite, ni ne se choisit. Elle est unie par quelque chose lié au sang et à l’alliance. De même, c’est Christ qui fait de nous son peuple par notre union avec Lui. C’est Son amour en nous les uns pour les autres qui est notre marque d’appartenance. Nous sommes la famille de Dieu et après tout, les retrouvailles avec le Christ ne seront-elles pas un repas de Noces ?
J’en déduis que nous sommes donc très loin du spectacle organisé du dimanche matin. Dans celui-ci, tout est plus proche du théâtre. Il faut s’y asseoir sagement pour écouter ce qui se dit et faire ce qui est demandé, restant spectateurs d’un show bien réglé à l’avance. Le timing y est précis, l’ordre des choses y est prévisible.
Centrée sur une Personne plutôt qu’une atmosphère
Car en (Christ) habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Vous avez tout pleinement en lui, qui est le chef de toute domination et de toute autorité. (Colossiens 2:9-10)
La religion mise tout sur l’ambiance pour masquer son absence de substance. Le contenant est plus important que le contenu : d’un côté l’atmosphère réverbérante, statufiée et pleine de bougies d’une cathédrale, de l’autre l’ambiance de concert, avec musique live et spots de couleurs pour faire vibrer les émotions de la jeunesse évangélique. Parfois, il arrive même que les deux se confondent.
Mais quel que soit le style proposé, ces deux stratégies reposent sur le même fondement : on n’a pas grand-chose à dire, alors on mise tout sur l’environnement, les services, le sentiment d’appartenance… Mais derrière ces artifices, le vide est souvent abyssal en ce qui concerne l’enseignement parfois dérangeant du Christ et le Royaume de Dieu. Car la religion est obsédée par l’apparence des choses : le lieu, la sonorité, le spectacle, le visuel, l’organisation, le timing, les moyens…
Les meilleurs moments d’une assemblée chrétienne sont ceux où rien ni personne ne se place entre nous et Jésus.
Mais qui vous nourrit ? La seule nourriture valable, c’est la Personne du Christ. Dans l’assemblée, C’est Lui que nous devons rencontrer, célébrer, écouter, prier. C’est Lui qui nous intéresse et nous devrions être invités à poser nos regards sur Lui pour avoir la vie. Les meilleurs moments d’une assemblée chrétienne sont ceux où rien ni personne ne se place entre nous et Jésus : ni atmosphère guidée, ni orateur ou musicien charismatique. L’atmosphère, le lieu, l’organisation n’ont aucune importance si nous sommes en Christ. Il nous suffit.
Une discussion plutôt qu’un monologue
Les disciples lui firent cette question… (Matthieu 17:10)
Avez-vous imaginé un instant questionner le prêtre ou le pasteur au milieu de son sermon ? Vous vous lèveriez au milieu des auditeurs silencieux médusés pour demander une précision ou pire, pour contester la version de l’orateur. Ne sentiriez-vous pas, une fois la surprise passée, les regards noirs vous foudroyer pour votre impertinence ? Ne seriez-vous pas en train de gâcher l’ambiance ? Au mieux on vous dirait poliment de vous asseoir et de venir poser vos questions plus tard, au pire on vous mettrait dehors comme un élément perturbateur.
Pourtant, Jésus nous montre clairement qu’un enseignant n’est pas un maître d’école. C’est d’abord un exemple par sa vie de tous les jours. Et c’est ensuite quelqu’un qui devrait être interrogé par ceux qui veulent apprendre de Lui suite à cet exemple. Jésus ne préparait une liste de 7 points à aborder le prochain dimanche. Il n’avait pas peur de répondre aux questions et même aux pièges.
À l’image du Christ, tout bon enseignant devrait être capable de répondre à des questions.
À l’image du Christ, tout bon enseignant devrait être capable de répondre à des questions. Il devrait même s’en réjouir ! Car un auditoire qui ne pose aucune question sera un auditoire oublieux qui passera bien vite à autre chose. Or le but de l’enseignant n’est-il pas de transmettre l’enseignement de Jésus ? Si les auditeurs oublient aussitôt est-il un bon enseignant ?
La direction du Saint-Esprit plutôt que celle des hommes
Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit. (Galates 5:25)
Toute organisation religieuse déroule un programme défini à l’avance. Souvent il change très peu d’un dimanche à l’autre. Les chants sont déjà choisis (on commence par des chants plus entraînants, puis on ira vers des chants plus calmes pour changer l’atmosphère vers davantage de recueillement). Le sujet du sermon est préparé, avec ses blagues et ses moments d’émotion scriptés. En résumé, l’imprévu n’est pas possible, car il dérangerait. N’êtes-vous pas d’accord ?
Laissez-moi vous poser une question : comment le Saint-Esprit pourrait-il gouverner une telle rencontre ? Comment l’écouter et le suivre alors que nous sommes enfermés dans un lieu et un programme figés ?
Je crois que l’assemblée chrétienne se rassemble sans savoir précisément ce qui va se passer à l’avance. Elle sait qu’elle est là pour Christ et pour l’édification commune des disciples. On peut prier, écouter, manger, partager, écouter, chanter, enseigner, reprendre, prophétiser, guérir, soutenir… mais on laisse l’Esprit-Saint manifester sa souveraineté et sa puissance en lui étant tous soumis. Ainsi, chaque rencontre est différente. Parfois joyeuse, parfois plus difficile. Mais ce ne sont pas toujours les mêmes qui parlent ou qui chantent ni toujours les mêmes qui écoutent sans rien dire. L’Esprit agit comme il le veut avec les dons de chacun pour le bien commun.
Le leadership du royaume n’est ni humain, ni hiérarchique et ni descendant.
Le leadership du royaume n’est ni humain, ni hiérarchique et ni descendant comme nous le voyons systématiquement dans toute organisation charnelle. À ce titre, la religion ne fait d’ailleurs que copier le monde. Le leadership dans l’Église du Christ est un leadership spirituel, d’amour et de service. Les plus matures dans le Christ encouragent, soutiennent et édifient les plus jeunes dans leur marche quotidienne avec Jésus. Comme un père ou une mère de famille le fait avec ses enfants, comme un grand frère avec sa fratrie plus jeune. Cela devrait donc être aussi simple que ça : gouvernés par l’Esprit et au service les uns des autres.
De verts pâturages plutôt qu’un enclos
Il me fait reposer dans de verts pâturages… (Psaume 23:2)
La religion ressemble à un enclos fermé et gardé par des mercenaires, dont le bâton châtie les brebis rebelles. Le troupeau doit être sous contrôle, et on le nourrit au foin sec. Il y a finalement si peu de liberté dans ces organisations-là… Ne prenez pas trop d’initiatives sans avoir reçu un mandat tamponné et signé par qui de droit. Ne vous éloignez pas trop sous peine d’être punis ou abandonnés à l’opprobre.
J’ai vu et senti douloureusement les limites des organisations religieuses. Et à mon grand regret, j’ai moi-même bâti des barrières et enfermé des gens dans ma façon de penser, dans ma théologie et dans mes dogmes.
L’horizon de l’éternité ne se voit pas derrière les planches d’une bergerie bâtie de mains d’hommes.
Aussi ma repentance a pris forme quand j’ai découvert la liberté qui se trouve en Jésus-Christ. Combien l’herbe est grasse et fraîche quand c’est Jésus qui nous conduit au dehors ! Son bâton n’est pas fait pour frapper les brebis, mais pour les loups qui voudraient s’en prendre à elles ! Si vous avez vécu votre vie chrétienne uniquement dans les quatre murs d’organisations religieuses, vous ne savez peut-être même pas quel goût possède l’herbe verte : votre palais est tellement habitué au goût insipide du foin qui vous est distribué directement dans la bouche, que vous n’imaginez même pas qu’il puisse exister un autre goût. Amis, goûtez et voyez combien le Seigneur est bon !
Je ne sais pas encore à quoi ressemble vraiment une assemblée chrétienne non religieuse. Elle n’a sans doute pas de forme figée. Mais elle est vivante et je suis certain que le petit troupeau du Christ se balade à l’air libre, dans la sécurité de Sa tendresse et de Sa provision. L’horizon de l’éternité ne se voit pas derrière les planches d’une bergerie bâtie de mains d’hommes. Il faut sortir à la suite du Berger pour vivre enfin dans sa douce liberté. Je ne peux que vous y inviter, Lui seul peut vous y conduire.
